41éme journée du CILSS – 12 septembre 2026

Couplée au cinquantenaire de l’Institut du Sahel (INSAH)
THEME : CONTRIBUTION DU CILSS A LA MISE EN ŒUVRE DES REGLEMENTATIONS REGIONALES SUR LES INTRANTS AGRICOLES ET LA SANTE DES PLANTES AU SAHEL ET EN AFRIQUE DE L’OUEST
Discours du Maréchal du Tchad MAHAMAT IDRISS DEBY ITNO,
Président de la République du TCHAD,
Chef de l’État, Président en exercice du CILSS.
Chères citoyennes, chers citoyens des États membres du CILSS
Mesdames et Messieurs
En ce jour 12 septembre, anniversaire de la création du Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), j’ai l’honneur, en ma qualité de Président en Exercice, et en mon nom propre, de saluer la constante détermination dont nous avons fait preuve, depuis plus de quatre décennies pour faire face aux défis de la sécheresse et des effets du changement climatique qui affectent sérieusement nos sociétés, nos économies et nos territoires.
Depuis 1985, la Journée du CILSS est célébrée chaque année dans les pays membres du CILSS pour commémorer l’anniversaire de la création de notre organisation, le 12 septembre 1973.
A l’occasion de la célébration de la 41ème journée, nous rendons un hommage solennel aux Pères fondateurs de notre organisation commune, dont la vision et la détermination ont permis de poser les fondements d’une solidarité agissante entre les peuples de treize États que sont le Bénin, le Burkina Faso, le Cap Vert, la Côte d’Ivoire, la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
Créé dans un contexte marqué par la nécessité d’agir et l’obligation de renforcer la résilience face aux grandes sècheresses de l’époque, le CILSS a, au fil des décennies, accompagné et fortement appuyé ses États membres et leurs populations.
A travers la mise en place de dispositifs, des instruments et d’outils d’analyse et d’aide à la décision, le CILSS a contribué à mieux comprendre les dynamiques de la région et à renforcer les capacités de nos États avec davantage d’efficacité face aux multiples défis du développement durable. Ces défis concernent notamment la lutte contre la sécheresse, la prévention des effets néfastes du changement climatique, la maitrise de l’eau et de l’énergie, le fonctionnement et l’intégration des marchés régionaux des produits agroalimentaires, la lutte contre l’insécurité alimentaire, la gestion des intrants agricoles, les dynamiques démographiques, la prise en compte du genre, ainsi que le renforcement des capacités.
Mesdames et Messieurs
Cette 41ème journée du CILSS est célébrée sous le thème « Contribution du CILSS à la mise en œuvre des réglementations régionales sur les intrants agricoles et la santé des plantes au Sahel et en Afrique de l’Ouest ».
Ce choix est hautement significatif. Face aux variations climatiques, à la dégradation des terres et à la nécessité de conquérir de nouvelles aires de production pour répondre aux besoins croissants de nos populations, le recours aux intrants agricoles devient incontournable.
Mais l’accroissement de la productivité ne saurait se faire au détriment de la qualité de nos productions, de la préservation de nos ressources naturelles et de la santé de nos populations. Il nous appartient donc, en tant que dépositaires de la confiance de nos peuples, de veiller à ce que l’utilisation des intrants agricoles soit maîtrisée, responsable et conforme aux normes qui garantissent la sécurité de nos aliments et la protection de notre environnement.
C’est tout le sens des actions engagées par nos États depuis plus de trois décennies, avec l’adoption, en 1992, de deux réglementations régionales relatives aux intrants agricoles et à la santé des plantes, complétées, en 2006, par des textes portant notamment sur les semences et la biosécurité.
Ces cadres réglementaires harmonisés constituent des acquis majeurs de notre coopération régionale. Ils permettent de renforcer la protection de nos populations et de nos ressources naturelles au-delà des frontières nationales, tout en favorisant la libre circulation des produits réglementés.
Je salue ici la contribution déterminante du CILSS à la mise en œuvre de ces réglementations régionales, notamment à travers l’action exemplaire du Comité Sahélien des Pesticides (CSP).
Opérationnel depuis 1994, le CSP s’est progressivement imposé comme un véritable rempart contre l’utilisation et la circulation des pesticides dangereux dans notre espace régional. La reconnaissance qui lui a été accordée en 2021 par la fondation World Future Council, qui l’a distingué parmi les trois meilleures initiatives mondiales dans ce domaine, témoigne de la pertinence et de la portée de cette expérience sahélienne.
La réussite de ce modèle a suscité un intérêt bien au-delà de l’espace du CILSS. Elle a notamment conduit la CEDEAO, l’UEMOA et le Comité Inter-États de Pesticides de l’Afrique Centrale de la CEMAC à solliciter son extension à l’échelle de l’Afrique de l’Ouest, à travers la mise en place du Comité Ouest-Africain d’Homologation des Pesticides (COAHP), dont le pilotage est désormais assuré par l’Institut du Sahel.
Mesdames et Messieurs
Face à l’essor et à la diversification des nouveaux intrants, à la persistance de la fraude et de la circulation de produits non conformes, ainsi qu’aux risques croissants pour la santé humaine, animale et environnementale, nous devons aller plus loin.
Nous devons renforcer nos dispositifs nationaux de contrôle, consolider nos mécanismes régionaux d’homologation et de surveillance, améliorer la traçabilité des produits et accroître les capacités de nos services compétents.
À cet égard, je salue les accords de coopération conclus depuis 2018 entre la CEDEAO, l’UEMOA et le CILSS, qui traduisent une volonté commune d’approfondir l’harmonisation de nos cadres réglementaires et de renforcer la coopération régionale.
J’exhorte l’ensemble des États concernés à maintenir et à renforcer leur engagement afin de faire aboutir ces processus d’harmonisation. Il y va de la protection de nos populations, de la préservation de nos ressources naturelles et de la construction d’une agriculture plus sûre, plus résiliente, plus productive et véritablement au service de notre souveraineté alimentaire.
Mesdames et Messieurs
Cette commémoration revêt une importance toute particulière, puisqu’elle coïncide avec le cinquantenaire de l’Institut du Sahel (INSAH), l’une des deux institutions spécialisées de notre organisation, basée à Bamako en République Sœur du Mali.
En effet, l’INSAH créé le 11 septembre 1976, constitue depuis cinquante ans, un instrument majeur de la Coopération scientifique et technique régionale. IL a pour mission de coordonner, d’harmoniser et de promouvoir, en étroite collaboration avec les Systèmes Nationaux de Recherche Agricole des États membres du CILSS, les actions régionales d’études et de recherche agricole en lien avec les priorités spécifiques de notre espace d’intervention.
En ce jour historique, nous honorons et magnifions particulièrement une institution régionale née de la solidarité face à l’adversité.
En cinq décennies d’existence, l’INSAH a construit un capital de savoirs, d’outils et de compétences. Cette richesse cognitive et scientifique éclaire nos politiques publiques et nourrit nos ambitions de transformation économique, de développement inclusif et de sécurité alimentaire.
Cette célébration est, pour moi, l’occasion de rendre un vibrant hommage aux générations passées et présentes de chercheurs, de techniciens et de cadres nationaux et régionaux qui, souvent dans la discrétion des laboratoires, des stations de recherche et des périmètres d’essais, ont consacré leur savoir, leur engagement et leur dévouement à faire progresser la cause du développement durable de notre région.
À travers leurs travaux, leurs découvertes et leur expertise, ils ont contribué à mieux comprendre les réalités de notre espace sahélien, à apporter des réponses adaptées aux défis auxquels nos populations sont confrontées et à éclairer les décisions de nos États.
À toutes ces femmes et à tous ces hommes de science et de terrain, nous exprimons notre profonde reconnaissance.
Mesdames et Messieurs
Nos acquis sont certes considérables. Mais nous devons rester lucides : les défis auxquels notre région est confrontée évoluent et se complexifient. Nous devons, par conséquent, poursuivre nos efforts et renforcer davantage la coordination et la complémentarité entre nos organisations régionales, afin de garantir une application effective de nos réglementations sur le terrain.
Je voudrais, à cet égard, exprimer ma profonde gratitude à l’ensemble de nos partenaires techniques et financiers qui, aux côtés du CILSS et des autres organisations sous-régionales, accompagnent avec constance nos efforts et soutiennent les initiatives en faveur du développement durable dans notre espace communautaire.
Leur engagement et leur solidarité constituent un appui précieux et un pilier essentiel de notre marche commune vers la sécurité alimentaire, la préservation de nos écosystèmes et la résilience de nos territoires.
En célébrant aujourd’hui la 41ᵉ Journée du CILSS et le cinquantenaire de l’Institut du Sahel, nous ne célébrons pas seulement un héritage. Nous ouvrons également une nouvelle étape. Nous faisons le pari de la science, de l’innovation, de la coopération et de la solidarité régionale comme leviers de notre résilience collective et de notre souveraineté alimentaire.
Nous réaffirmons ainsi notre confiance en nos peuples, en nos chercheurs, en notre jeunesse et en la force de notre coopération régionale. Nous avons la conviction que, par notre volonté commune et notre action concertée, nous pouvons bâtir une agriculture plus durable, plus productive, plus sûre, plus saine et plus prospère, capable de nourrir nos populations, de créer des emplois et des opportunités pour notre jeunesse.
Vive le CILSS !
Vive la coopération régionale !
Vive le Sahel et l’Afrique de l’Ouest !
Je vous remercie
