#Sénat : Haroun Kabadi place la réconciliation nationale et la lutte contre les violences intercommunautaires au cœur de la rentrée parlementaire

N’Djamena, 10 septembre 2026 — Après près de deux mois d’intersession parlementaire, les sénateurs tchadiens ont retrouvé l’hémicycle ce jeudi 10 septembre 2026 à l’occasion de l’ouverture solennelle de la deuxième session ordinaire de l’année. Dans son discours d’ouverture, le président du Sénat, le Très Honorable Dr Haroun Kabadi, a appelé à renforcer le dialogue, la cohésion nationale et la paix, tout en interpellant sur la persistance des violences intercommunautaires qui endeuillent plusieurs localités du pays.
La rentrée parlementaire du Sénat s’est déroulée au Palais des Arts et de la Culture, siège de l’institution, en présence notamment du Premier ministre, Chef du Gouvernement, du président de l’Assemblée nationale, des membres du Gouvernement, des présidents des grandes institutions de la République, des représentants du corps diplomatique ainsi que des organisations internationales et non gouvernementales.
Dans son propos introductif, le président du Sénat a salué la présence des différentes personnalités à cette cérémonie solennelle. Il a également souligné l’importance du dialogue institutionnel et de la démocratie représentative dans la consolidation de la République.
Deux mois d’intersession au contact des réalités du pays
Conformément aux dispositions constitutionnelles, les sénateurs étaient en vacances parlementaires depuis le 10 juillet dernier. Pour Haroun Kabadi, cette période d’intersession n’a toutefois pas été synonyme d’éloignement des préoccupations nationales.
Selon lui, cette période a permis aux parlementaires de renouer avec les populations, de toucher du doigt leurs réalités quotidiennes et de mesurer l’ampleur de leurs attentes.
Cette immersion au sein des communautés apparaît d’autant plus importante que le pays reste confronté à plusieurs défis économiques, sociaux et sécuritaires. Le Sénat entend ainsi jouer pleinement son rôle dans l’examen des préoccupations des citoyens et dans la recherche de réponses aux problèmes qui affectent la vie nationale.
Mais c’est surtout la question de la paix et de la sécurité qui a occupé une place centrale dans le discours du président du Sénat.
« Jusqu’à quand » les violences entre Tchadiens ?
Avec gravité, Haroun Kabadi est revenu sur les violences intercommunautaires enregistrées au cours du mois d’août. Il a évoqué un bilan de plus d’une vingtaine de morts et de dizaines de blessés, notamment à la suite des affrontements ayant endeuillé les localités d’Akhaba et de Moutrar, dans la province du Batha.Pour le président du Sénat, ces épisodes de violence constituent une préoccupation majeure pour la représentation nationale.
« Jusqu’à quand devons-nous continuer à assister impuissants aux massacres répétitifs des Tchadiens par d’autres Tchadiens ? », s’est-il interrogé dans son discours, appelant à une réflexion approfondie et urgente sur les causes de ces violences et les moyens d’y mettre durablement un terme.
L’inquiétude exprimée par le président du Sénat porte notamment sur la circulation massive et incontrôlée des armes de guerre. Alors que les conflits en milieu rural pouvaient autrefois trouver des mécanismes traditionnels de règlement, les affrontements prennent désormais, selon son constat, une dimension beaucoup plus meurtrière.
Le président du Sénat a reconnu les efforts entrepris quotidiennement par le Gouvernement pour limiter les dégâts et protéger les populations. Mais il estime que la situation impose d’aller plus loin.
Pour lui, il est désormais impératif d’engager, dans les meilleurs délais, une réflexion approfondie afin d’identifier des pistes de solutions adaptées. L’objectif est de sortir du cycle des violences et d’éviter que les parlementaires soient régulièrement contraints d’observer des minutes de silence en hommage aux victimes des affrontements communautaires.
Une minute de silence en hommage aux victimes
Face à la gravité de la situation, Haroun Kabadi a invité les sénateurs et les personnalités présentes à observer une minute de silence à la mémoire des victimes des affrontements fratricides ayant frappé les localités d’Akhaba et de Moutrar.
Ce moment de recueillement a donné une dimension particulière à cette rentrée parlementaire. Au-delà du symbole, il a constitué un rappel de la responsabilité collective des institutions et des citoyens dans la préservation de la paix.Le message du président du Sénat est ainsi apparu comme un appel à ne pas banaliser les violences intercommunautaires et à traiter leurs causes profondes.
La réconciliation nationale remise au centre du débat
Dans la deuxième partie de son discours, le président du Sénat a également insisté sur les enjeux de réconciliation nationale et de cohésion sociale.
S’appuyant sur les paroles de l’hymne national, La Tchadienne, il a rappelé que celles-ci constituent un appel au travail, à la paix, au courage, à l’unité, à la cohésion et au vivre-ensemble.
Dans cette perspective, il a salué les mesures de décrispation et d’apaisement prises récemment par le président de la République, le Maréchal du Tchad Mahamat Idriss Déby Itno. Haroun Kabadi a notamment évoqué la libération de figures de l’opposition et la remise de peines en faveur de prisonniers de droit commun, présentées dans son discours comme des gestes participant à la dynamique de réconciliation.
Pour le président du Sénat, cette démarche ne doit pas concerner uniquement la classe politique. Elle doit également toucher l’ensemble de la population tchadienne.
L’enjeu est de dépasser les querelles et les incompréhensions pour construire une fraternité nationale fondée sur l’entente et la solidarité.
Le Tchad au cœur du panafricanisme
Haroun Kabadi a également consacré une partie de son intervention au rayonnement international du Tchad et à son rôle dans la dynamique panafricaine.
Il a notamment évoqué la participation du chef de l’État à un grand forum africain consacré à l’accès à l’eau, ainsi que l’annonce de la suppression du visa d’entrée au Tchad pour les ressortissants africains à compter du 1er janvier.
Pour le président du Sénat, cette orientation s’inscrit dans la vision panafricaine du chef de l’État. Il a rappelé que la position géographique du Tchad, au cœur du continent, ainsi que son histoire d’accueil et de rencontres, en font un espace de brassage entre peuples, cultures et civilisations.
Le président du Sénat a également mis en avant le patrimoine historique et scientifique du pays, en rappelant la célébration, le 20 juillet 2026, du 25e anniversaire de la découverte du crâne de Toumaï. Cet événement, a-t-il souligné, contribue à renforcer la place du Tchad dans l’histoire de l’humanité.Il a par ailleurs mentionné une distinction internationale décernée au chef de l’État dans le domaine de la vaccination et de la lutte contre la poliomyélite.Une session sous le signe des défis nationaux
Avec cette rentrée parlementaire, le Sénat entame donc une nouvelle phase de ses travaux dans un contexte marqué par des attentes importantes. La question sécuritaire, notamment les violences intercommunautaires, devrait rester au centre des préoccupations des représentants de la nation.
Le discours d’Haroun Kabadi traduit en tout cas une volonté de faire de cette deuxième session ordinaire de 2026 un espace de réflexion sur les grands enjeux du pays. Entre consolidation de la paix, réconciliation nationale, cohésion sociale, dialogue institutionnel et ouverture panafricaine, les défis sont nombreux.
Au-delà des discours et des cérémonies officielles, l’enjeu sera désormais de transformer les appels à l’unité et à la paix en actions concrètes. Car, comme l’a rappelé le président du Sénat, majorité et opposition, responsables politiques et citoyens ordinaires appartiennent à une même communauté nationale .
SERATA Justine & Dougabka Djimaye. Journalistes Stagiaires.
