Crimes contre les journalistes : mettre fin à l’impunité

À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes, célébrée le 2 novembre, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, rappelle une vérité essentielle : « Rien ne devrait empêcher les journalistes d’exercer leur métier. »
Informer le public, enquêter et témoigner sont des missions indispensables à toute société démocratique. Pourtant, partout dans le monde, les journalistes qui les accomplissent font face aux menaces, aux violences et parfois à la mort. Selon les chiffres communiqués à l’occasion de cette journée, 34 journalistes ont perdu la vie au cours de l’année écoulée. Dans le même temps, six meurtres de journalistes sur sept restent impunis à l’échelle mondiale. Dans les zones de conflit, l’impunité avoisine les 100 %.
Depuis le lancement du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, en 2012, des progrès ont été réalisés. La sécurité des journalistes est davantage reconnue comme un enjeu majeur, et des initiatives ont été mises en place pour prévenir les violences et mieux protéger les professionnels des médias. Mais ces avancées restent insuffisantes tant que les auteurs de crimes ne sont pas traduits en justice.
L’impunité ne touche pas seulement les journalistes et leurs proches. Elle fragilise le droit du public à l’information et encourage la répétition des violences. Lorsqu’une attaque n’est pas élucidée, elle peut aussi intimider d’autres journalistes et réduire au silence les voix qui enquêtent sur des sujets sensibles.
Mettre fin à cette impunité exige des enquêtes indépendantes et efficaces, des poursuites judiciaires et une protection concrète des journalistes, notamment dans les zones de conflit. Cela suppose également que les États respectent leur obligation de garantir la liberté de la presse et de préserver la sécurité de celles et ceux qui exercent ce métier.
En cette journée du 2 novembre, l’appel d’António Guterres est clair : les journalistes doivent pouvoir travailler sans peur. Protéger leur sécurité et punir les crimes commis contre eux, c’est défendre le droit de chacun à être informé.

