À l’occasion du Forum africain sur l’EauN’Djaména, 15-16 juillet 2026

La Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) salue la tenue à N’Djaména du Forum africain sur l’Eau, qui réunit les Chefs d’État, les institutions africaines et internationales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les acteurs de la société civile autour d’un enjeu vital pour le développement durable de notre continent.
La CNDH considère que l’eau n’est pas seulement une ressource naturelle ou un facteur de développement économique. Elle constitue avant tout un droit humain fondamental, indispensable à la vie, à la dignité humaine et à la réalisation de nombreux autres droits fondamentaux, notamment le droit à la santé, à l’alimentation, au logement, à un environnement sain et au développement.
Le droit à l’eau est reconnu par le droit international, notamment à travers le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, tel qu’interprété par l’Observation générale n°15 du Comité des droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que par la Résolution 64/292 de l’Assemblée générale des Nations Unies (2010) qui reconnaît explicitement le droit à une eau potable salubre et propre ainsi qu’à l’assainissement comme un droit fondamental.
Au niveau africain, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, le Protocole de Maputo relatif aux droits des femmes en Afrique, la Charte africaine sur les valeurs et les principes des services publics et de l’administration, ainsi que la jurisprudence de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples consacrent l’obligation des États de garantir un accès équitable, durable et non discriminatoire à l’eau et à l’assainissement.
La CNDH rappelle que le Tchad, confronté aux effets du changement climatique, à la désertification, aux déplacements forcés de populations, à la pression démographique et aux défis liés au bassin du Lac Tchad, fait de l’accès à l’eau un impératif de paix, de cohésion sociale, de sécurité alimentaire et de développement humain.
La Commission souligne que les populations rurales, les femmes, les enfants, les personnes vivant avec un handicap, les réfugiés, les personnes déplacées internes et les communautés les plus vulnérables continuent de supporter de manière disproportionnée les conséquences du manque d’accès à une eau potable de qualité.
À cet égard, la CNDH appelle :
- le Gouvernement à poursuivre les investissements dans les infrastructures hydrauliques, l’assainissement, la gouvernance de l’eau et la gestion intégrée des ressources hydriques, conformément aux engagements internationaux et africains du Tchad ;
- les partenaires techniques et financiers à renforcer leurs appuis en faveur de solutions durables, inclusives et résilientes face aux effets du changement climatique ;
- les collectivités territoriales, les organisations de la société civile, les autorités traditionnelles et religieuses ainsi que les communautés à promouvoir une gestion responsable, participative et solidaire des ressources en eau ;
- les acteurs publics et privés à veiller à ce que les projets de développement respectent les principes des droits de l’homme, de transparence, de participation citoyenne, d’égalité, de redevabilité et de protection de l’environnement.
La CNDH rappelle également que la réalisation des Objectifs de développement durable, notamment l’Objectif 6 relatif à l’accès universel à l’eau et à l’assainissement, demeure indissociable du respect des droits humains.
La Commission encourage enfin l’adoption de mécanismes nationaux de suivi permettant d’évaluer régulièrement les progrès accomplis dans la mise en œuvre du droit à l’eau, tout en assurant une participation effective des institutions nationales des droits de l’homme, de la société civile et des communautés concernées.
À l’occasion de ce Forum, la Commission Nationale des Droits de l’Homme réaffirme sa disponibilité à accompagner les pouvoirs publics, les partenaires et l’ensemble des parties prenantes dans la promotion d’une gouvernance de l’eau fondée sur les droits de l’homme.
Parce que l’accès à l’eau est une condition essentielle de la dignité humaine, de la paix, de la justice sociale et du développement durable, la CNDH appelle à transformer les engagements en actions concrètes afin que nul ne soit laissé de côté.
Fait à N’Djaména, le 14 juillet 2026
Le Président
BELNGAR LARME JACQUES
