Dengue au Tchad : l’urgence d’agir sans céder à la panique

À N’Djamena, l’augmentation des cas de dengue et les décès signalés inquiètent la population. Alors que les familles s’interrogent sur les mesures à prendre, la lutte contre les moustiques et l’accès rapide aux soins sont essentiels. Les chiffres évoqués, notamment ceux faisant état de centaines de morts en octobre, doivent toutefois être confirmés par les autorités sanitaires avant d’être présentés comme établis.

La dengue est une maladie virale transmise principalement par les moustiques Aedes, qui piquent surtout durant la journée. La fin de la saison des pluies ne signifie pas nécessairement la disparition du risque : des récipients, pneus ou autres objets contenant de l’eau peuvent devenir des lieux de reproduction pour les moustiques. Les changements climatiques peuvent favoriser la propagation de ces insectes, mais ils ne sont pas la seule explication d’une flambée épidémique. L’assainissement, la densité de population, les déplacements et les moyens disponibles pour combattre les moustiques jouent aussi un rôle.

Que faire immédiatement ?

Les habitants doivent éliminer ou vider régulièrement les récipients où l’eau stagne, couvrir les réserves d’eau et se protéger des piqûres avec des moustiquaires, des vêtements couvrants et des répulsifs lorsque disponibles. Les autorités, de leur côté, doivent renforcer la collecte des déchets, les opérations de lutte antivectorielle et l’information du public.

En cas de fièvre, de fortes douleurs ou d’éruption cutanée, il est important de consulter un centre de santé et de boire suffisamment. Il faut éviter l’aspirine et l’ibuprofène, qui peuvent augmenter le risque de saignement ; le paracétamol peut être utilisé selon les indications d’un professionnel de santé. Des douleurs abdominales intenses, des vomissements répétés, des saignements, une grande faiblesse ou des difficultés respiratoires nécessitent une prise en charge urgente.

Le personnel soignant est-il exposé?

La dengue ne se transmet généralement pas directement d’une personne à une autre par les contacts ordinaires. Les soignants peuvent être infectés, comme les autres habitants, s’ils sont piqués par un moustique porteur du virus. La protection contre les piqûres dans les établissements de santé et autour des lieux de soins est donc importante.

La comparaison avec Ebola, parfois évoquée face à l’ampleur de l’inquiétude, doit être maniée avec prudence : il s’agit de maladies différentes, dont les modes de transmission et les mesures de prévention ne sont pas les mêmes. La dengue peut cependant devenir grave et provoquer des décès, ce qui justifie une réponse rapide et coordonnée.

La position de l’OMS

L’Organisation mondiale de la Santé recommande notamment la surveillance des cas, le diagnostic et la prise en charge précoces, la réduction des gîtes larvaires et la protection contre les moustiques. Elle insiste aussi sur l’importance de communiquer des informations fiables pour éviter les rumeurs et permettre aux personnes atteintes de consulter à temps.

Pour le Tchad, la priorité est de disposer de chiffres vérifiés et régulièrement mis à jour par le ministère de la Santé et les autorités sanitaires, avec l’appui de leurs partenaires. En attendant, la population doit suivre leurs consignes et consulter rapidement en présence de symptômes inquiétants : la vigilance est nécessaire, mais la dengue ne doit pas être confondue avec Ebola.

Par Louba-heindé Séraphin Adoumngar

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