TCHAD : 25 ANS DÉJÀ, DJIMDOUMALBAYE AHOUNTA, LE PÈRE DE « TOUMAÏ » RESTE FIDÈLE À SA PASSION

25 ans jour pour jour, lors d’une mission de recherche scientifique sous la confiance du professeur Michel Brunet dans le Djourab, le plus jeune des chercheurs a mis sa main sur un très vieux crâne.
Le 19 juillet 2001, un grand homme d’humilité et de sagesse mettait au jour la découverte qui allait changer l’histoire de l’humanité.
Ce jour-là, Djimdoumalbaye Ahounta, archéologue, anthropologue et communicateur scientifique tchadien, a exhumé à Toros-Menalla, dans le désert du Djourab, le crâne de « Toumaï ». Le plus ancien représentant connu de la lignée humaine, âgé de plus de 7 millions d’années.
Une découverte mondiale. Et pourtant, 25 ans après, celui qui l’a rendu possible reste hors des projecteurs de la vie officielle de ce pays.
Un chercheur tête sur les épaules
Toujours discret, toujours au travail. Le père de « Toumaï » continue ses recherches partout au Tchad. De site en site, de fouille en fouille, sans bruit et sans aucune revendication quelconque.
Pour lui, la science passe avant tout. Pas de tapage, pas de marchandage. Juste la rigueur du terrain et l’amour du patrimoine tchadien.
Communicateur scientifique dans l’âme, il prend le temps d’expliquer, de former, de partager. Sa générosité n’a d’égal que son exigence intellectuelle.
Le péché d’une intégrité
Si Djimdoumalbaye Ahounta est respecté dans les universités du monde entier, au Tchad son seul « péché » semble être de n’appartenir à aucun clan politique
Son intégrité, sa rigueur, sa loyauté l’écartent des cercles de chercheurs d’intérêts individuels et des jeux politiques. Il n’a jamais troqué la truelle contre un badge partisan.
Celui qui a offert au Tchad sa plus grande vitrine scientifique internationale vit encore dans une simplicité qui force l’admiration.
25 ans après Toumaï, le Tchad a gagné une place dans l’histoire de l’humanité. Mais il doit aussi se souvenir de celui qui a rendu cela possible. La science n’a pas de couleur politique. Elle a besoin de constance, comme celle de Djimdoumalbaye Ahounta._
Un modèle pour la jeunesse
Aujourd’hui, Toumaï est exposé au Musée National de N’Djamena. Des milliers d’enfants tchadiens viennent le voir. Peu connaissent le nom de celui qui l’a trouvé.
Pourtant, le message du père de Toumaï est clair : on peut servir son pays par le travail, la patience et la dignité. Sans crier, sans réclamer.
25 ans après, Djimdoumalbaye Ahounta continue. La tête haute. Les mains dans la terre du Tchad. À la recherche de la prochaine pièce du puzzle de nos origines.
Hommage à un grand homme. Hommage au Tchad de la science.
Par LOUBA-HEINDE Séraphin ADOUMNGAR
